La Justice transitionnelle en RDC : CERJI met sur pied un groupe de travail pour accompagner les plaidoyers des peuples autochtones

Le Centre d’Echanges pour des Réformes Juridiques et Institutionnelles (CERJI) a, au terme d’une journée de réflexion sur la Justice transitionnelle en République démocratique du Congo, mis en place un groupe de travail en vue d’accompagner les peuples autochtones en RDC. « Quels types de réparations octroyer aux peuples autochtones victimes des crimes internationaux, des violations graves des droits humains et du droit international humanitaire ? », tel est le thème central ayant été débattu au cours de cet atelier en présence des plusieurs experts venus des ministères de l’agriculture, justice et Garde Sceaux, environnement et développement durable, des organisations de la société civile ainsi que des peuples autochtones.

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Le Centre d’Echanges pour des Réformes Juridiques et Institutionnelles (CERJI) a, au terme d’une journée de réflexion sur la Justice transitionnelle en République démocratique du Congo, mis en place un groupe de travail en vue d’accompagner les peuples autochtones en RDC. « Quels types de réparations octroyer aux peuples autochtones victimes des crimes internationaux, des violations graves des droits humains et du droit international humanitaire ? », tel est le thème central ayant été débattu au cours de cet atelier en présence des plusieurs experts venus des ministères de l’agriculture, justice et Garde Sceaux, environnement et développement durable, des organisations de la société civile ainsi que des peuples autochtones.

Pour Me Charles Mushizi, directeur de CERJI, les peuples autochtones sont souvent « exclus des processus décisionnels » dans les Etats régis par des principes d’une gouvernance « moderne ». Et certains d’entre eux sont marginalisés, exploités, assimilés par la force et même de fois soumis à la répression, à la torture et aux traitements cruels et dégradants, notamment lorsqu’ils osent revendiquer leurs droits.

Les discriminations et les violences auxquelles ils sont soumis passent parfois par la tendance à les dominer et à les asservir sur le plan politique et même sur le plan socioculturel par les bantous. La destruction de leur logis naturel, la privation des terres, les actes de violences y compris sexuelles, les assassinats et tueries, la privation du droit à la scolarisation et à l’occupation des fonctions au sein de l’administration publique, etc. sont parmi les violations graves des droits humains dont ils sont continuellement victimes, notamment dans la province du Tanganyika », regrette Me Charles Mushizi. D’après lui, l’implication des peuples autochtones dans des réflexions sur la pratique de la justice transitionnelle trouve sa justification au regard de ce contexte des violations dont ils sont continuellement victimes.

La conduite de cette réflexion trouve davantage sa justification dans le fait que tous ces crimes demeurent, presque tous, peu documentés et surtout impunis, note -t-il.  « Comme dans toute pratique de la justice transitionnelle, les peuples autochtones ont aussi, en premier lieu, droit, comme toutes les autres victimes, à la vérité, à la justice, aux réparations et aux garanties de non-répétition », affirme Me Charles Mushizi. Ce dernier  estime que le recours à ces mécanismes spécifiques est ensuite consécutif de la nature des violences qu’ils subissent, qui sont tout à la fois graves et systématiques, notamment sur l’île d’IDJWI, dans le BUNYAKIRI, dans l’ancienne province de l’équateur, dans la province de Tanganyika.

D’où, il faut, non seulement leur rendre Justice de manière individuelle, mais aussi collective pour des préjudices subséquents aux violations à caractère massif ou, même sans être massif, mais dont les effets préjudiciables ont atteint l’une ou l’autre de leurs communautés. En organisant ces assises, première du genre, le CERJI tient à enrichir l’analyse contextuelle des crimes et violations dont les peuples autochtones sont généralement victimes, notamment sur les plans politique, social, économique et culturel.

Le CERJI veut amorcer les possibles mécanismes de réparations pouvant compenser à suffisance les préjudices subséquents aux crimes dont les peuples autochtones ont été victimes ou dont ils continuent à être. Mais aussi de mettre en place un groupe de travail sur « les peuples autochtones et la justice transitionnelle en RDC »  et élaborer une ébauche d’un plan de travail dudit groupe et de plaidoyer pour une implication active des peuples autochtones dans les processus de justice transitionnelle en RDC, spécialement pour ce qui est des réparations. En dehors de Me Charles Mushizi, l’atelier a été animé par des experts comme Pablo Muke et Bruno Bahati. Ils ont fait leur communication sur un bref aperçu des droits des peuples autochtones dont les Pygmées (Bruno Bahati) et sur le cadre général de la justice transitionnelle (Pablo Muke).

PRESSECONGO.NET

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1 Commentaire. En écrire un nouveau

  • John Benani Nkumu
    novembre 25, 2021 10 h 28 min

    Une réflexion que les ONG s qui œuvrent pour la protection et la promotion des droits des peuples autochtones pygmées en rdc n’ont jamais pris l’initiative

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