COP25 : EN PROFOND DÉCALAGE AVEC L’URGENCE CLIMATIQUE EN CONCLUSION DE LA CONFERENCE

Après deux semaines de négociations et plus de 24 heures de prolongations, la COP25 se termine sur un compromis bien trop insuffisant. Alors que 500 000 citoyens ont défilé dans les rues de Madrid la semaine dernière, les 196 pays réunis à la COP25 sont restés trop longtemps campés sur leurs positions. Résultat : l’accord conclu à Madrid est en décalage profond avec la crise climatique et l’urgence de contenir le réchauffement global à 1.5°C.

Quatre-vingt pays en développement, représentant 10,5 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales, sont désormais engagés à revoir à la hausse leurs objectifs climatiques en 2030. Mais les pays du G20, les plus responsables du dérèglement climatique, sont restés silencieux à Madrid. De plus, la COP25 n’a pas réellement défini de feuille de route claire pour orchestrer l’adoption des nouveaux objectifs climatiques l’année prochaine. En 2020, les yeux seront donc tournés vers l’Union européenne : après avoir arraché un accord sur la neutralité carbone d’ici à 2050, les pays de l’UE devront transformer l’essai pour adopter, avant juin, un objectif de réduction d’émissions de -65 % d’ici à 2030, et entraîner dans son sillon la Chine.

La COP25 devait également apporter une réponse concrète aux impacts inévitables du dérèglement climatique. Malgré la création d’un groupe d’experts sur les pertes et dommages et d’un réseau visant à apporter un soutien plus adéquat, les pays développés ont refusé de s’atteler sérieusement à la question fondamentale des nouveaux financements, nécessaires en plus de ceux existants. C’est un véritable déni de réalité de la part des pays développés et une décision hypocrite face aux besoins des communautés les plus vulnérables.

À défaut de trouver un accord sur l’encadrement des marchés carbone, qui prévoient d’échanger et monnayer des réductions d’émissions de gaz à effet de serre, les pays ont préféré repousser (à nouveau) la décision à l’année prochaine. C’est un moindre mal, et l’Union européenne a su rester ferme pour éviter le pire : mal définies, ces règles auraient enlisé l’Accord de Paris dans des tricheries comptables sur les efforts réalisés par les pays, et mené à des violations répétées et à grande échelle des droits humains. L’urgence climatique ne peut pas se contenter de règles au rabais. C’est pourquoi en 2020, les pays devront rester intransigeants pour aboutir à des règles qui respectent les principes sociaux et environnementaux et refusent de compromettre la crédibilité de l’Accord de Paris.

République Démocratique du Congo à la COP25

Le gouvernement à travers le Ministère de l’Environnement et Développement Durable (MEDD) a donné le “Go” en expliquant les enjeux liés aux négociations antérieures et à la COP25. La nécessité pour la RDC de mieux se préparer et se mettre en ordre, avoir une vision commune et se référer au point focal pour tout engagement concernant le pays. Plusieurs groupes de travail étaient constitués auxquels les experts du GTCRR ont pris part : COP, SBI, SBSTA …

Le GTCRR s’est vu privé des visas par l’ambassade de l’Espagne à la veille de sa participation à cette grande messe climatique annuelle qui était prévue du 02 au 13 décembre 2019 à Madrid. Après dénonciation et protestations initiées par le Président du Comité de Pilotage (Copil), en la personne de Monsieur Omar Kabasele Kabongo, l’Ambassade d’Espagne a finalement accordé un bref délai de 5 jours à l’équipe du GTCRR pour sa participation aux assises de cette COP25.

La délégation du GTCRR s’est envolée le 10 décembre 2019 par un régulier de la compagnie Turkish Airlines, avec l’appui technique et financier du PNUD. Aussitôt arrivé à Madrid, l’équipe s’est dirigée au lieu prévu pour les rencontres. Ainsi, elle a pu remplir les formalités d’usages pour sa participation à ces assises. Une réunion de prise de contact était enfin organisée au bureau de la RDC avec le Chef de Division « Changement Climatique » du MEDD, Monsieur Aimé MBUYI KALOMBO.

Au deuxième jour, l’équipe du GTCRR a été reçue au stand de la République Démocratique du Congo (RDC) par le Ministre National de (MEDD), Son Excellence Monsieur Claude NYAMUGABU sous la facilitation du Secrétaire Général, Monsieur BENJAMIN TOIRAMBE dans une réunion d’échange et d’harmonisation des points de vue afin de mettre en place une vision commune préparant des actions climatiques conséquentes et faire entendre la voix de la RDC tout en s’appuyant sur la vision du Chef de l’Etat dans son programme.

Après cet échange, le Ministre s’est montré ouvert à dialoguer avec le GTCRR sans intermédiaire et a proposé que la restitution nationale des assises de la cop25 soit fait conjointement entre les deux parties (le Ministère et le GTCRR) aussitôt rentrées au pays. Après cette réunion, l’équipe GTCRR a participé à quelques « Side Events » organisés par plusieurs groupes Thématiques membres des plateformes aux négociations.

Autre point fort, il est à signaler l’initiative de créer un groupe de négociations des sociétés civiles PMA et les Etats Insulaires en vue de faire entendre leurs points de vue aux négociations futures. L’initiative a été lancée par le GTCRR représenté par le coordonnateur du Kasaï Oriental Monsieur Serge KALALA TSHILEWU et le Vice-Président du Copil Monsieur KAPUPU DIWA pour le compte de la RDC, ainsi que les acteurs la société civile d’Iles de Comores, et de Madagascar.

Ladite initiative a vu le jour du fait que les PMA et les Etats insulaires se retrouvent toujours victimes des gros décideurs qui plus, sont les grands pollueurs causant des dégâts et dommages terribles à ces derniers , afin de faire pression sur ces gros décideurs, la société civile congolaise, le GTCRR, réunit avec celles des Iles précitées, ont fait parvenir leurs inquiétudes au Ministre Comorien de l’Environnement qui a salué l’initiative et a ainsi promis d’intensifier cette approche à d’autres PMA et Etats Insulaires.

Il a été convenu des discussions approfondies au mois de février afin de définir les objectifs et les stratégies de la mise en place de ce groupe.  Il est à noter une déception dans les résolutions et attentes des participants réunis lors des assises de la cop25, jusqu’au 13 décembre 2019, date officielle prévue pour la fermeture, les participants ne sont pas parvenus à trouver des accords concluants pouvant permettre à la planète d’atteindre les objectifs prévus lors de l’accord de Paris.

Partager cet article avec vos collegues

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous devez remplir ce champ
Vous devez remplir ce champ
Veuillez saisir une adresse de messagerie valide.
Vous devez accepter les conditions pour continuer

Menu