REDD+ : RDC, un géant forestier face à des enjeux de développement

La République démocratique du Congo (RDC), située au cœur du deuxième massif forestier du monde, contient plus de la moitié des forêts du Bassin du Congo (152 millions d’hectares en 2010), soit environ 10 % des forêts tropicales mondiales. Pays à couvert forestier dense – 65 % de son territoire national couvert. Il présente historiquement un taux de déforestation relativement faible: 0,31 % par an entre les années 1990 et 2010, représentant tout de même une perte importante de près de 10 millions d’hectares de forêts en vingt ans. Ce chiffre est d’ailleurs déjà en augmentation.

Les besoins en matière de développement économique et humain, liés au développement des infrastructures et à la croissance des secteurs industriels, ainsi que les pressions démographiques affecteront inévitablement le couvert forestier.

Aujourd’hui, le secteur de l’utilisation des terres, changement d’affectation des terres et la foresterie (UTCATF) représente 88 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) du pays. Le défi majeur pour le pays consistera à garantir un développement socio-économique permettant de réduire significativement la pauvreté actuelle. La RDC présente en effet un des indices de développement humain les plus faibles au monde, tout en atténuant l’impact sur la richesse en carbone et en biodiversité présentes.

Face à cette réalité, 60 % de la population dépend directement des ressources naturelles et de l’agriculture vivrière pour sa survie, dont des millions de personnes vivant dans ou autour des forêts. Parmi les 70 millions d’habitants de la RDC, entre 400 000 et 600 000 selon les estimations établies sont des autochtones Pygmées. En tant que tels, ils sont particulièrement vulnérables aux enjeux des changements climatiques et de la déforestation.

Bien que le pays soit à présent sorti de la période de conflit et en cours de stabilisation, les relations entre les organismes de société civile et les autorités gouvernementales ont été difficiles par le passé. Le secteur forestier en particulier a souffert des désaccords fréquents entre le gouvernement, le secteur privé et la société civile. En janvier 2007, une association collective des organismes des peuples autochtones a envoyé une communication formelle au Comité sur l’élimination de la discrimination raciale.

La société civile y dénonçait des violations des droits des peuples autochtones (PA) aux terres, aux territoires et aux ressources, ainsi qu’un non-respect du Consentement libre, informé et préalable (CLIP) et des menaces à l’intégrité et la sécurité des peuples autochtones, causés par la non application du moratoire de 2002 sur l’allocation, l’extension et le renouvellement des concessions forestières industrielles.

 

 

 

 

 

 

 

 

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