La société civile – un partenaire clé et indispensable pour les politiques de développement durable en RDC

Les forêts tropicales jouent un rôle crucial pour le climat. Les effets liés à leur dégradation et à leur disparition se font sentir aussi bien à l’échelle planétaire qu’au niveau local. Les forêts tropicales sont fondamentales pour des millions de personnes qui en dépendent à travers le monde pour leur subsistance quotidienne et leurs pratiques culturelles. Premières victimes des impacts de la déforestation, les habitants des forêts tropicales sont également des partenaires incontournables dans la lutte contre le changement climatique.

La protection des forêts tropicales est essentielle en vue d’atteindre les objectifs définis dans l’Accord de Paris sur le climat en décembre 2015 à travers la REDD+. Cette protection ne peut se faire de manière efficace et durable qu’en assurant une participation des premiers concernés : les populations qui habitent et dépendent de ces forêts. La protection des forêts nécessite un ancrage local fort, ce qui suppose la participation active des communautés forestières dans la définition et la mise en œuvre des politiques de développement liées à la forêt. De même, elles doivent nécessairement faire partie intégrante de tout système d’incitations financières pour la protection de la forêt, tel qu’envisagé à Paris. Sans une société civile informée et engagée, ayant les moyens et capacités d’opérer un lien dynamique entre décideurs politiques et communautés locales, il sera très difficile d’élaborer et implémenter des politiques efficaces et équitables.

Voilà pourquoi le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et la Rainforest Foundation Norway (RFN) ont conjugué leurs efforts dans leur appui au renforcement de la société civile dans le cadre du processus REDD+ en République Démocratique du Congo (RDC). Lorsque le processus REDD+ fut lancé en RDC en 2009, le gouvernement congolais a initié un processus participatif autour des politiques de sauvegarde sociale internationales. La société civile s’est progressivement organisée pour jouer efficacement le rôle d’interlocuteur civil et communautaire du processus national en créant le Groupe de Travail Climat REDD+ (GTCR), un réseau rassemblant des acteurs de la société civile environnementale, aux profils variés et répartis sur l’ensemble du territoire national. La création de cette plateforme a été quelque peu hâtée pour permettre à la société civile congolaise de s’impliquer pleinement dans les négociations internationales, qui s’accéléraient à l’époque. Ceci à permis à la RDC de se positionner comme un des pays pionniers dans le mécanisme REDD+ de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC).

Cette naissance précipitée n’a pas permis au GTCR de se construire dans des conditions optimales, et la jeune plateforme a montré dans ses débuts certaines fragilités institutionnelles. En 2013, le GTCR a entâmé un processus de réforme interne destiné à consolider sa vision stratégique et à améliorer son fonctionnement. Le processus a été un succès et a même inspiré d’autres plateformes – en RDC et dans d’autres pays – par la suite. A la suite de ce processus, le GTCR a fait place à un Groupe de Travail Climat REDD Rénové (GTCR-R), construit de manière participative, avec un fonctionnement nationale plus robuste et un ancrage fort en provinces, au plus près des communautés forestières, pour garantir la totale implication de ces dernières dans la mise en oeuvre de la REDD+.

 Le PNUD et RFN ont eu le privilège d’être les partenaires internationaux qui ont accompagné et soutenu les organisations de la société civile, dont celles des peuples autochtones, engagées dans la REDD+ et actuellement fédérées dans le GTCR-R. Le présent rapport analyse le cheminement organisationnel et stratégique de la société civile congolaise dans le cadre du processus politique de la REDD+, de ses origines jusqu’à l’établissement du GTCR-R. Ce rapport, élaboré de manière participative, compile les principaux enseignements d’un processus complexe, parfois laborieux, mais in fine réussi, en espérant que ces enseignements puissent être utiles aux autres acteurs et pays engagés dans des processus REDD+. Une bonne continuation GTCRR  dans son rôle crucial de représentant de la société civile et des communautés forestières dans le processus politique et programmatique national REDD+. Nous resterons disposés à continuer de l’appuyer, s’il en exprime le besoin, car les chances de succès de la REDD+ sont intimement liées à une société civile organisée indépendante et représentative, capable de suivre et de contribuer aux politiques d’investissements publics.

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