Pourquoi le processus REDD+ a-t-il besoin d’un solide réseau d’organisations de la société civile en RDC?

La participation de la société civile peut être évaluée en se référant aux standards établis par le Programme ONU-REDD dans son Règlement intérieur et directives opérationnelles et dans son Guide opérationnel sur l’engagement des Peuples autochtones et autres communautés dépendant de la forêt. Ce guide contient des éléments solides et précis pour les programmes nationaux et met en avant, entre autres, les fonctions que nous détaillons ici.

1 Rassembler et porter la voix de la société civile.

Le Guide opérationnel dispose que les peuples autochtones et autres communautés dépendant de la forêt doivent être représentés au sein des comités directeurs REDD+ ou organismes équivalents. Cette représentation au sein des institutions nationales telles que la CN-REDD ou le Comité national est essentiel pour assurer la représentation des droits des communautés locales et des populations autochtones, mais aussi pour l’élaboration et la validation d’études ou de documents stratégiques. C’est dans ce sens que le Guide opérationnel souligne la nécessité d’impliquer pleinement les peuples autochtones dans l’élaboration, la mise en oeuvre, le suivi et l’évaluation du processus REDD, et de planifier des consultations régulières afin de permettre de tenir compte des inquiétudes qui se développent chez la société civile et les peuples autochtones. Enfin, le respect du principe du Consentement libre, préalable et informé (CLIP), ou CPLCC, tel que défini par l’ONU-REDD22, doit être à la base du fonctionnement de la REDD+ : c’est à travers la consultation permanente de ses membres que le GTCR-R peut assurer la représentation de leurs intérêts, exprimés lors des assemblées générales et des échanges quotidiens au sein du réseau.

L’expérience prouve que sans processus de consultation et de dialogue poussé et continu, les différentes politiques nationales peuvent générer des conflits (établissement de zones de conservation sans consultations des communautés locales par exemple, menant à des conflits sur le foncier et l’utilisation des terres, tel qu’à Itombwe23 ou dans le Parc National du Kahuzi Biega24) ou l’inefficacité des politiques mises en places25, voire être contraires aux normes internationales en matière de droits des populations autochtones.

2 Rappeler les enjeux importants pour les communautés locales et les peuples autochtones

Une plate-forme nationale comme le GTCR-R peut devenir un instrument puissante et légitime pour donner une voix forte, cohérente et crédible à la société civile en RDC. Les priorités du GTCR-R en matière de plaidoyer, mentionnées plus loin dans ce chapitre, reflètent les préoccupations des communautés et permettent ainsi leur intégration dans les politiques et mesures relatives à la REDD+ en RDC.

Cette intégration est indispensable à l’adaptation de ces mesures aux besoins et aux modes de vie des communautés locales, afin d’ancrer la REDD+ dans l’ensemble du pays et d’assurer son appropriation jusqu’à l’échelon local, où seront concrètement mises en oeuvre les activités REDD+, et garantir ainsi sa pérennisation. Ainsi, si la REDD+ se veut être un outil de développement, elle n’y parviendra qu’en se mettant en phase avec les besoins réels des communautés locales et populations autochtones, en les impliquant dès la conception des programmes en utilisant la plateforme que constitue le GTCR-R en menant des consultations au niveau national ou local en fonction du type d’action nécessaire (politique, mesure, investissement sur terrain). C’est l’un des thèmes transversaux du programme actuel, sur lequel les efforts doivent se concentrer.

3. Connaître les réalités du terrain

Le Plan d’investissement REDD+ de la RDC, rédigé en 2015, présente une vision de développement globale pour une transition sur le long terme vers une économie verte. Ses objectifs sont ambitieux, multi-sectoriels et transversaux, et visent deux impacts majeurs : « (i) répondre efficacement aux moteurs de la déforestation et de la dégradation forestière et (ii) assurer des co-bénéfices en matière de développement pour la société congolaise dans son ensemble : femmes et hommes, adultes et jeunes générations, en milieu urbain aussi bien que rural, issus des communautés locales tout comme des populations autochtones ».

Afin d’assurer le succès de l’impact (ii), l’implication directe des bénéficiaires, représentés par la société civile, est un enjeu fondamental. Le GTCR-R bénéficie d’un large réseau de plus de 230 membres au coeur même du terrain et connaissant donc les réalités locales. Ils disposent d’une position privilégiée leur permettant de relayer les informations sur la nature et les causes de la déforestation et de la dégradation des forêts mais aussi sur la mise en oeuvre de la REDD+ et ses conséquences. Le GTCR-R permet ainsi d’assurer la prise en compte des enjeux du terrain dans les discussions nationales et de servir de relais entre ces dernières et les communautés locales et peuples autochtones à la base. Fort de ces connaissances, il peut faire de la REDD+ un véritable outil de développement en faveur des communautés locales.

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