Assemblée Générale de la Société Civile sur la REDD+ en RDC : analyse et leçons apprises du processus d’engagement et de structuration de la société civile dans le processus REDD+ national (2009-2015)

Assemblée Générale de la Société Civile sur la REDD+ en RDC : analyse et leçons apprises du processus d’engagement et de structuration de la société civile dans le processus REDD+ national (2009-2015)

Trois ans après la restructuration du Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové (GTCR-R), plateforme nationale de la société civile en République Démocratique du Congo, le Programme des Nations Unies pour le Développement et la Rainforest Foundation Norway publient ensemble un rapport qui analyse les leçons apprises et propose des recommandations concrètes pour permettre à la société civile de participer activement et efficacement au processus REDD+.

Fondé en 2009, le GTCR-R a pour vocation la représentation des communautés locales et peuples autochtones dans le processus et les négociations nationales et internationales sur la REDD+. Cette plateforme a notamment contribué au développement du plan de préparation à la REDD+ (R-PP) et à l’insertion de questions clés relatives aux droits des communautés locales et peuples autochtones dans la stratégie nationale cadre REDD+. « Le GTCR-R a également contribué à influencer les négociations climatiques au niveau international, et sa participation a été très importante au niveau global pour le plaidoyer mené par les organisations de la société civile et des populations autochtones. Elle porte aussi plaidoyer continu sur les réformes structurelles, dont la réforme foncière et celle de l’aménagement du territoire.  Sans une société civile informée et engagée, ayant les moyens et capacités d’opérer un lien dynamique entre décideurs politiques et communautés locales, il serait très difficile d’élaborer et implémenter des politiques efficaces et équitables », souligne Josep Gari, Conseiller politique principal pour le développement durable au sein du PNUD.

Répondant à la volonté et à l’enthousiasme de la société civile d’être un acteur plus engagé dans le processus REDD+, le PNUD et la RFN se sont engagés ensemble aux côtés de la société civile, des communautés locales et des peuples autochtones pour accompagner la restructuration du GTCR. Ce travail national et participatif a donné lieu en 2015 à la naissance du GTCR-Rénové, qui bénéficie non seulement d’un fonctionnement national plus robuste mais également d’un ancrage plus fort en province, au plus près des communautés forestières.

Les leçons apprises détaillées ci-dessous, qui ont émergé du processus de restructuration du GTCR-R, s’appliquent de manière plus large à l’agenda REDD+ à l’échelle nationale, régionale et internationale.

  1. Gouvernement – Restructurer la société civile et ses modalités de participation représente une occasion unique de valoriser le processus REDD+ à l’échelle nationale d’une part, et de l’ancrer au niveau local d’autre part. Les bénéfices d’un tel processus permettant au processus REDD+ national d’acquérir une plus grande légitimité.
  2. Société civile – Au cours du processus de restructuration, une attention particulière a été portée à la participation des femmes, des peuples autochtones et des jeunes. L’égalité de genre et l’engagement de la jeunesse ont notamment été les des piliers de l’approche participative mise en œuvre, et doivent continuer à inspirer le travail de la plateforme. Le contexte de la République Démocratique du Congo, son manque d’infrastructure et les défis en termes de diffusion d’information rendent encore plus crucial ce rôle à jouer activement par la société civile. « Après deux ans de consultations en province avec les 230 membres signataires, et avec l’accompagnement d’experts nationaux et internationaux, nous avons pris le temps de définir une vision commune et un système de communication performant pour la plateforme », témoigne Julien Kabalako, Coordinateur national du GTCR-R.

Le processus de restructuration a abouti à un regroupement des membres autour de valeurs et d‘une vision commune sur la REDD+, tel qu’indiqué dans les textes de la plateforme :  “Le Groupe de Travail Climat REDD+ Rénové a pour vision d’œuvrer, d’ici 2050, à améliorer les conditions de vie et la participation effective des femmes, des jeunes, des communautés locales et peuples autochtones pygmées grâce à une gestion durable des écosystèmes forestiers contribuant à l’équilibre climatique planétaire.”

  1. Partenaires Techniques et Financiers (PTF) – « l’enjeu consiste à assurer un soutien technique et un accompagnement rapproché à long terme, tout en garantissant l’indépendance, la stabilisation et la bonne gestion de la société civile », analyse Marine Gauthier, l’autrice du rapport qui a coordonné le processus d’accompagnement de la restructuration de la plateforme en tant que consultante du PNUD.

Le processus de restructuration a permis d’analyser les facteurs clés de la réussite d’un tel accompagnement, parmi lesquels :

  1. La garantie de l’indépendance de la plateforme à travers la diversification, la pérennisation et la coordination des sources de financement. Le plaidoyer national, international et local mené par la plateforme nécessite un appui technique sur le long terme, facteur primordial de stabilité. Le PNUD, membre de l’ONU-REDD, et la RFN ont pourvu une expertise technique continue et directe au processus, et aidé à diversifier les appuis du GTCR-R et à ouvrir de nouvelles pistes de réflexion.
  2. La définition de délais et des mécanismes de participation adaptés au contexte, à l’objet et à la diversité de la société civile, en accord avec le Consentement Libre, Informé et Préalable (CLIP) – un principe clé d’un programme REDD+ fondé sur le respect des droits -, pour tout programme qui pourrait avoir une influence sur les moyens de subsistance des collectivités autochtones.  Les partenaires techniques et financiers ont un rôle à jouer en tant que garant des principes de participation et de représentativité en encourageant la société civile à parvenir à des résultats de meilleure qualité. Lors du processus de restructuration le PNUD et la RFN ont promu un dialogue transparent et constructif entre les partenaires, suivi par le développement d’un guide de consultation pour la REDD+.

Le GTCR-R œuvre aujourd’hui à mettre en place une large décentralisation via la grande responsabilisation des provinces, jusqu’aux territoires. Le réseau met en place des coordinations provinciales pour assurer le lien local-national et capitaliser sur l’expérience du terrain de ses membres.

Les recommandations issues de ce processus incluent l’inclusion d’organisations de la société civile en dehors du secteur forestier. « Le PNUD et RFN ont eu le privilège d’être les partenaires internationaux qui ont accompagné et soutenu les organisations de la société civile engagées dans la REDD+ et désormais membres du GTCR-R » se félicite Øyvind Eggen, Directeur de la Rainforest Foundation Norway. « Nous sommes fiers d’avoir été parties-prenantes de ce processus, et nous poursuivrons ce travail afin de permettre à la société civile de jouer un rôle efficace en tant qu’acteur de la REDD+, de garantir une bonne gouvernance et le respect des principes de participation qui sont parmi les principes fondateurs de la REDD+ au niveau national et international » ajoute-t-il.

Le rapport « La société civile rassemblée pour la REDD+ en République démocratique du Congo – Analyse et leçons apprises du processus d’engagement et de structuration de la société civile et des peuples autochtones dans le processus REDD+ national (2009-2015) ».

Télécharger le rapport complet en français

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